Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 20:28
Invitée sur France 2 le 3 janvier 2008, Ségolène ROYAL a affirmé sa volonté de prendre la tête du Parti Socialiste à l’occasion de son prochain congrès.
 
Que Ségolène ROYAL ou d’autres ait un rôle à jouer à l’avenir, nul ne le leur conteste ! Mais, nous pensons que cette annonce ne procède pas d’une bonne formule et intervient au mauvais moment.
 
En effet, faire du Congrès de 2008 un congrès de pré-désignation de notre candidat(e) à l’élection présidentielle de 2012 serait à la fois prématuré et dangereux ainsi que le pensent de nombreux camarades dont notamment Jean-Christophe CAMBADELIS et Pierre MOSCOVICI  ! En effet, si nous nous sommes engagés dans une démarche de reconstruction, nous n’en sommes pas encore au bout ! Il importe que le Congrès de 2008 s’inscrive dans cette logique et mette en place un vaste programme de travail – sur notre pensée, nos alliances, notre discours, notre organisation – afin de préparer, en 2010 ou 2011, le choix du (de la) candidat(e) sur des bases assainies et décantées.
Par Groupe 87
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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /Déc /2007 15:51

 

Depuis l’adoption de la loi « libertés et responsabilités des universités » dite LRU durant la période estivale, la grogne n’a cessé de monter parmi les acteurs de la vie universitaire (enseignants, étudiants, personnels). Aujourd’hui en se radicalisant le mouvement de contestation, étudiant notamment, a quelque chose de mortifère.

Cette loi qui vise à renforcer l’autonomie des universités fut réclamée depuis longtemps par les syndicats enseignants et étudiants les plus réformistes, de même que par la Conférence des Présidents d’Universités (CPU, tendance social-démocrate). Tous ceux qui savent que le développement de l’enseignement supérieur et de la recherche est la condition de l’essor économique du pays, de la création d’emplois et de la défense du niveau de vie, ont raison de dire que cette loi est nécessaire.

Nécessaire, la loi LRU est insuffisante dans la mesure où elle ne comporte pas de volet sanitaire et social (malgré quelques mesures annoncées par le gouvernement) pourtant indispensable pour répondre à une paupérisation croissante de la condition étudiante. De même le renforcement des pouvoirs du président de l’université, sans contrepartie démocratique, devra être encadré par les instances universitaires (Chartes de bonne gouvernance par exemple).

Les actions minoritaires (blocages, manipulation d’AG, brutalités) n’aident pas à la mobilisation des étudiants autour d’une ligne revendicative cohérente. Le mouvement étudiant dans son immobilisme s’oppose à toute réforme (gouvernement de gauche ou de droite), et s’accommode du déclin de l’université française. Ainsi il déplore que les universités soient devenues des usines à chômeurs mais redoute que les entreprises interviennent pour favoriser l’insertion professionnelle des étudiants.

En vérité, derrière un discours anticapitaliste convenu se cache un déni de l’économique, la volonté d’un monde immobile sous la protection d’un Etat omniscient et omnipotent. En l’absence de révolution, les révolutionnaires sont les meilleurs auxiliaires des conservateurs…La démonstration est une nouvelle fois faite que notre pays a besoin d’une aspiration sociale-démocrate !

 

Raphaël Bourez

Par Groupe 87
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Mardi 25 décembre 2007 2 25 /12 /Déc /2007 12:07
L'équipe de SOCIALISME ET DEMOCRATIE 87 vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d'année 2007 et vous adresse ses meilleurs voeux de bonheur, santé et prospérité pour 2008.
Par Groupe 87
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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /Déc /2007 20:08

Voici la réponse de Pierre Moscovici à un article du Nouvel Observateur consacré à Socialisme et Démocratie, texte publié sur son blog le 18 décembre.

MAUVAIS POIL

Quelques mots sur les tangages internes du PS, que la trêve des fêtes va calmer.
La lecture d’un article paru jeudi dans le « Nouvel Observateur » m’a vraiment foutu de mauvais poil. Intitulé « la vie sans DSK », il décrit l’état de « Socialisme et démocratie » après son départ à Washington. Ce n’est pas tant le papier lui-même que ce qu’il révèle d’un état d’esprit qui peut exister dans nos rangs et qui ne devrait pas y être présent. Mal inspiré, il est en effet plein d’anecdotes consciencieusement biaisées : le partage de « l’empire » au profit de Jean-Christophe Cambadélis pour le parti, de Jean-Marie Le Guen pour l’Assemblée nationale et à ma prétendue grande déception, nos choix contrastés en cas de duel Royal/Delanoë – pour moi, ce serait Ségolène – les ambitions des uns et des autres. Surtout, nous sommes dépeints comme encore unis par la nécessité mais dépourvus d’identité, voués à des combinaisons compliquées – alliance avec Arnaud Montebourg, Laurent Fabius et d’autres pour éviter le choc des présidentiables, subtiles nuances entre la « rénovation » - les idées – et la « reconstruction » - le parti – qui pourraient mener à des démarches à géométrie variable, très byzantines. Je vous y renvoie.
Eh bien, ras le bol, je ne veux plus faire de politique comme ça ! L’histoire est fausse – j’avais pour ma part compris que notre direction était ou serait collective, c’est pourquoi et seulement pourquoi je ne l’ai pas revendiquée – les épisodes choisis le sont de façon curieusement sélective, les jeux de rôle sont caricaturaux. Non, je ne suis pas devenu « royaliste », j’en ai assez qu’on le diffuse complaisamment ! Oui, je parle avec Ségolène, comme cela aurait dû être le cas pendant la présidentielle, ce sont des conversations – plus rares qu’on le dit – cordiales, fermes et constructives – faut-il s’en plaindre ? Ce n’est en aucun cas un ralliement de ma part. Précisons que j’ai aussi rencontré Bertrand Delanoë, dans le même esprit, et que je suis prêt à le faire à nouveau. J’ai écrit ici même pourquoi je refusais que le Congrès de 2008 soit un Congrès de désignation : serait-il cohérent, dès lors, de s’aligner maintenant sur un présidentiable ? Je l’ai dit aussi, et je le répète : je ne participerai pas à un TSR – « tout sauf Royal » - ou à un TSD « tout sauf Delanoë » : pourquoi me mettre dans un camp ? Tout cela est puéril et un peu manipulateur.
Ce n’est pas le plus important. Ce n’est pas par narcissisme déçu, ou parce que je lis dans cet article qu’« aspirant » au poste de premier secrétaire, on peut se demander si mes « amis » me soutiendront – j’espère bien que ce sera le cas si cette hypothèse se concrétise, sinon, à quoi bon avoir des amis ? – que je me rebelle : je suis bien dans ma peau, j’aime ce que je fais et je fais ce que j’aime, je sais où je vais. Non, c’est parce que je souhaiterais que, plutôt que de nous perdre dans des stratégies trop subtiles, obsédés par l’idée de barrer la route à telle ou tel, nous ayons confiance en nous et revenions à l’essentiel. Et l’essentiel, c’est la situation de la France, confiée à un Président politiquement doué mais imprévisible, engagé dans une perpétuelle fuite en avant, aventurier et aventureux, escamotant les vraies difficultés – les inégalités, le pouvoir d’achat, la situation des banlieues – par un bagout de représentant de commerce, abîmant l’image de la France à l’étranger par des épisodes grotesques comme la désastreuse visite de Kadhafi à Paris. Nous n’avons pas le droit de laisser Nicolas Sarkozy, puisque c’est de lui qu’il s’agit, filer tranquillement vers la réélection en 2012, sans opposition cohérente, nous n’avons pas le droit de laisser la gauche dans l’état de déréliction  où elle se trouve, d’accréditer l’idée qu’elle serait « la plus bête du monde ». Et j’ai la faiblesse de croire que nous avons, après avoir porté le thème de la social-démocratie alors qu’il n’était guère audible, une responsabilité particulière, au moment où chacun sent la nécessité, enfin, d’un socialisme du réel, comme l’a montré le forum de samedi, encore timidement rénovateur mais encourageant, sur les rapports entre les socialistes et le marché.
Cette responsabilité, c’est vrai, est double. Il s’agit bien de faire évoluer le parti, de le moderniser sans le dénaturer, d’améliorer sa gouvernance sans le présidentialiser, de lui donner un cap sans nier sa diversité, bref d’ouvrir de nouvelles voies et d’éviter des dérives. Pour atteindre cet objectif, il n’y a d’exclusive sur personne, il faut discuter avec tous, sans exception. Mais il faut, d’abord et avant tout, faire avancer nos idées, mener à bien une vraie rénovation – de notre pensée, de notre discours, de notre organisation, de nos alliances sans céder sur l’essentiel – et l’Europe à l’évidence, en fait partie. Cela suppose de rechercher de vraies convergences de fond : le « contrat de rénovation », signé avec les amis d’Arnaud Montebourg – que je n’ai pour ma part pas paraphé parce que, tout en adhérant à cette démarche, je n’y vois pas assez clair sur les étapes suivantes – va dans ce sens. C’est important, mais la priorité est autre : nous affirmer, nous constituer, nous exprimer, et pour cela travailler sur nos propres bases. J’ai parfois le sentiment que nous nous en écartons trop, voire les oublions, au risque de désorienter voire de décourager beaucoup de militants et de citoyens qui se sont reconnus en nous, depuis des années, qui attendent de nous de l’audace, du courage et pas seulement de l’habileté – même s’il n’est pas interdit, bien au contraire, d’en avoir.
Moi, je suis comme Julio Iglésias ; je n’ai pas changé. Je connais l’adage : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Malgré cela, je m’obstine à chercher la clarté, et je demeure convaincu que la priorité est de construire, de déployer Socialisme et démocratie pour être utile au PS, pour aider à le reconstruire – il en a besoin – et que cela passe par une stratégie lisible : une contribution générale au Congrès, marquant sans timidité notre identité, une motion, seuls ou avec d’autres en accord avec nos idées, un candidat au poste de Premier secrétaire, si possible. Tenons nous y : il n’est pas temps de se dissoudre, mais au contraire de se cristalliser. Il va falloir clarifier tout ça.

Par Groupe 87
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Jeudi 13 décembre 2007 4 13 /12 /Déc /2007 11:25
Diagnostic

Les dernières projections du COR confirment les résultats publiés dans le rapport de janvier 2007. Elles font état d’une augmentation du nombre de cotisants à la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV) de 16,8 millions en 2006 à 18,3 millions en 2015, puis 18,9 millions en 2050. Parallèlement, le nombre de retraités de droit direct de la CNAV serait multiplié par deux entre 2006 et 2050, passant de 10,5 millions à 22,1 millions. La masse des pensions versées serait, elle, multipliée par trois et passerait de 74 milliards d’euros (4,1% du PIB) en 2006 à 220 milliards d’euros en 2050 (5,3% du PIB), triplement dû à la hausse du nombre de retraités mais aussi à leur renouvellement responsable d’une hausse prévisible des pensions. Il en résulte que le solde de la CNAV se dégraderait d’environ un milliard chaque année, passant d’un excédent de 1,4 milliards d’euros en 2006 à un déficit atteignant 13 milliards d’euros en 2020, puis 45 milliards en 2050.

Ces dernières projections démographiques et financières confirment donc le bien fondé de la réforme de 2003. Elle a permis de maintenir le système par répartition et d’équilibrer les comptes jusqu’en 2007. Elles confirment aussi son insuffisance puisque les comptes vont se dégrader à nouveau rapidement.

En 2003, la réforme prévoyait une clause de réexamen en 2008. Déjà, les prévisions montraient que de nouveaux moyens de financement seraient nécessaires pour assurer la pérennité du système. Cependant, la réforme avait été construite avec des hypothèses de réduction du chômage permettant d’envisager un transfert des cotisations UNEDIC vers le financement des retraites. Le rapport du COR de janvier 2007 rappelle que le transfert peut être envisagé à l’avenir, mais pas dans l’immédiat.

Il est en effet clair que l’accompagnement des demandeurs d’emploi et la lutte contre le chômage ne permettront pas, même avec l’éventuelle fusion UNEDIC-ANPE, de compter rapidement sur une réduction des cotisations versées à l’assurance chômage et transférées sur le financement des retraites.

A cela, il faut ajouter que le régime général indexe depuis 1993 l’évolution des pensions sur les prix. Or, il est probable que l’objectif d’une pension minimum à 85% du SMIC net ne pourra être tenu sans une revalorisation qui entraînera des besoins de financement supplémentaires.

Les mesures à prendre en 2008 concernent donc à la fois les nouvelles sources de financement des régimes et les mesures de solidarité susceptibles d’améliorer le filet de sécurité pour les pensions les plus basses.


Propositions concernant le financement


Des trois leviers classiques qui sont à notre disposition – le niveau des pensions,  les cotisations salariés / employeurs et l’allongement de la durée de cotisation – seuls les deux derniers sont susceptibles fournir des recettes.

L’augmentation des cotisations peut poser problème au moment où l’essentiel de la croissance et de l’activité économique repose sur la consommation intérieure. De plus, elle est défavorable à l’emploi.

En revanche, l’allongement du la durée de cotisation apparaît incontournable sur longue période, en cohérence avec l’allongement de l’espérance de vie. Le passage à 41 ans de cotisation en 2012 peut se justifier par le choix d’une augmentation régulière de la durée de cotisation, d’environ un tiers de l’augmentation de l’espérance de vie constatée.

Cette position permettrait d’introduire la question de la pénibilité à travers des mesures correctrices pour les catégories professionnelles dont l’espérance de vie au départ en retraite est nettement plus faible.

L’autre gisement de ressources concerne l’emploi des seniors et le développement de la retraite à la carte.

Il est d’abord nécessaire de relever le taux d’emploi des seniors. Un taux d’emploi plus élevé serait favorable à l’emploi. Mais il s’agit d’une évolution culturelle tant des salariés que des employeurs et surtout d’un changement des comportements dans la gestion des effectifs.

Il est donc pertinent de développer prioritairement l’idée que la justice sociale va de pair avec le plus grand choix possible de dispositifs permettant de choisir librement les modalités et les conditions d’un allongement individualisé au-delà de la durée légale de départ en retraite.

Cela signifie que nous devons soutenir les différents mécanismes incitant les salariés à conserver une certaine activité professionnelle au-delà des 160 trimestres lorsqu’ils le souhaitent : développement des dispositifs de surcote, départ en retraite progressif, cumul emploi - retraite, rachat d’annuités et de points de retraite…

Ces dispositifs doivent aller de pair avec une réflexion généralisée sur l’aménagement des fins de carrière pour en favoriser, de manière volontaire, l’allongement. Le développement de transitions vers des emplois locaux liés à des services de proximité : soutien scolaire, accueil enfance, aides aux publics en difficultés, soutien à la création d’emploi, accompagnement des demandeurs d’emplois permettrait d’articuler le besoin de financement des régimes par l’allongement volontaire et choisi de la carrière professionnelle avec l’émergence et la solvabilisation de certains services de proximité.

En entreprise, des emplois centrés sur le tutorat et le développement de la formation en alternance permettraient à certains seniors, par forcément les plus fortunés ou les plus qualifiés, de poursuivre une activité professionnelle à temps réduit. Le développement de la formation professionnelle peut aussi permettre des évolutions de carrière plus tardives.

Propositions concernant la solidarité

Les mesures de solidarité portent sur la revalorisation des basses pensions, en vérifiant et en assurant les 85% pour les retraites de smicard, la prise en compte des indemnités de chômage et de maladie. Nous pouvons proposer une indexation des pensions sur les prix, avec la possibilité d’un coup de pouce ou d’un coup de frein en cas d’écart de l’évolution des prix de plus de 1% avec la croissance.

La proratisation du nombre d’années prises en compte en fonction du nombre d’années effectuées réellement pour le calcul du salaire annuel moyen est une mesure de justice pour les femmes et les poly pensionnés.

Enfin, l’évaluation des dispositifs de PERCO et l’accès pour tous au dispositif d’épargne salariale est un élément de justice sociale et de solidarité en même temps qu’un moyen de financement supplémentaire.

L’épargne retraite est aussi un moyen de développer des fonds de capitalisation et d’investissement dont l’économie française et ses entreprises manquent cruellement pour réduire la pression que les acteurs financiers et les marchés boursiers font peser à travers leurs actionnaires.


Conclusion

Nos propositions pourraient se résumer ainsi :

* Valorisation des travaux du COR mis en place par Lionel Jospin
* Choix en faveur de l’allongement de la durée de cotisation en fonction de l’allongement de l’espérance de vie
* Prise en compte de la pénibilité à travers l’espérance de vie au départ en retraite
* Développement de la retraite à la carte
* Généralisation de l’Epargne retraite
* Politique dynamique de l’emploi, particulièrement de l’emploi des seniors

Note écrite par Marc Deluzet.



Par Groupe 87
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Lundi 10 décembre 2007 1 10 /12 /Déc /2007 14:54

Qu’il s’agisse des ONG environnementales ou des partenaires sociaux qui ont souligné la qualité du processus et des travaux qui en ont résulté, le Grenelle apparaît comme un événement qui a permis de progresser sur le plan du développement durable et de la démocratie.

Sur le plan de la démocratie, il a permis une reconnaissance institutionnelle des principales ONG environnementales, notamment celles qui, comme France Nature Environnement, rassemble des réseaux associatifs et de militants bénévoles importants sur l’ensemble du territoire. Il a permis aussi de débattre publiquement de sujets difficiles tout en débouchant sur des propositions que le Président de la République a reprises en grande partie.

En matière de protection de l’environnement et de développement durable, soulignons les avancées les plus importantes faites par le Grenelle :

* Les nouvelles normes thermiques pour l’habitat neuf et l’effort de rénovation pour l’habitat ancien
* Ecotaxe kilométrique hors autoroute pour les poids lourds
* Eco pastille favorisant les voitures les moins polluantes
* Développement du rail (ligne grande vitesse, frêt, tramways)
* Bilan carbone pour toutes les entreprises de plus de 50 salariés
* Suppression des lampes à incandescence en 2010
* Interdiction à la vente dès 2008 des produits phytosanitaires les plus dangereuses

De ce fait,  la quasi-totalité des secteurs industriels sont concernés (Bâtiment, Transports, Energie, Chimie, Automobile, …). C’est donc un mouvement d’ensemble, sur le plan des activités industrielles et commerciales comme sur celui des acteurs, qui se dessine et se met en place.

Le Parti Socialiste devrait éviter trois écueils (sur lesquels il semble devoir buter au regard des interventions lors du CN de samedi) :

 Considérer qu’il s’agit d’un événement purement médiatique alors que la dynamique engagée est puissante et surtout qu’elle mobilise des acteurs qui se comptent en millions d’adhérents,
 Jouer la carte de « la montagne qui accouchera d’une souris », car les défis posés en matière écologique sont tels qu’ils interdisent un quelconque retour en arrière sur les annonces faites la semaine dernière. Il est même possible de penser que les mesures qui ont été différées en rajouteront sur les avancées notables.
 Considérer qu’après ce moment « de démocratie participative », nous reviendrons aux processus classiques d’affrontement politique gauche - droite au sein du parlement. En fait, les mesures annoncées ne relèvent pas tous de l’Etat, même si ses engagements financiers sont importants. Une partie importante du processus dépend des acteurs patronaux, syndicaux et associatifs. Le suivi même du Grenelle et l’association du Conseil Economique et Social sur ces questions ne renvoie pas au traditionnel jeu de la politique hexagonale.

Dès lors, le Parti socialiste, devrait se situer du côté des forces de la société civile qui s’inscrivent dans le processus et dans sa réalisation concrète, c'est-à-dire du côté de France Nature Environnement, des syndicats, qui vont se mobiliser pour faire entrer dans les faits les décisions du Grenelle. Il a aussi à la fois des intérêts et des responsabilités locales, dans les régions et les municipalités. Nous pouvons nous situer comme des acteurs importants pour la mise en œuvre concrète.

De ce point de vue,  l’Etat et le gouvernement ont bien des difficultés devant eux. On peut souligner trois domaines d’action qui constituent autant d’opportunités de mobilisation de la part des socialistes, non pas contre le gouvernement mais surtout en faveur du développement durable, de la démocratie et de l’environnement :

 La mobilisation des financements nécessaires. Le Grenelle engage une facture qui se chiffre (mal aujourd’hui) en centaine de milliards. Le coût ne doit pas reposer sur les moins fortunés et les évolutions de la fiscalité et des prélèvements doivent être décidées dans une cohérence globale préservant le pouvoir d’achat des plus bas revenus. Les politiques en faveur du développement durable doivent comporter l’objectif de réduction des inégalités. Cela concerne la politique fiscale mais aussi les mesures qui seront financées par le marché et les entreprises. Il y a fort à parier que la mise en œuvre du Grenelle ne pourra se faire et se financer sans des politiques européennes environnementales plus audacieuses et mieux financées, ce qui ouvre sur le second point.

 Renforcer considérablement l’orientation
et les moyens financiers de la politique européenne en matière d’environnement. Les efforts que la France envisage n’auront de portée que s’ils s’inscrivent dans une dimension européenne. L’Europe doit s’engager dans une politique d’harmonisation fiscale  avec en priorité la fiscalité des carburants et la création d’une écotaxe européenne sur le carburant et l'énergie. Après l’adoption du traité simplifié, l’Europe doit impulser des politiques de recherche et des politiques économiques et industrielles relevant les enjeux du développement durable. Le budget européen doit être considérablement développé pour la mise en place de politique commune dans l’énergie, les transports, l’habitat, l’élimination des produits toxiques,…

 Soutenir l’engagement des acteurs. Le Grenelle débouchera inévitablement sur des « sous-grenelle » à l’échelle des secteurs d’activité. Par exemple, les décisions prises en matière d’habitat supposent un très gros effort de formation professionnelle dans les entreprises du bâtiment. La négociation collective, dans les branches, les entreprises publiques et privées, les territoires, doit permettre la prise compte des orientations du Grenelle en incluant la dimension environnementale. Il faut s'assurer que  toute activité préserve l'ensemble des ressources naturelles traduisant ainsi la responsabilité sociale et environnementale des entreprises privées et publiques. En matière agricole, les décisions concernant les pesticides et les OGM exigent la poursuite du processus de débat et de négociation. Le suivi lui-même du Grenelle exige des transformations institutionnelles en lien avec les propositions de la commissions Balladur sur les institutions, à propos du CES et de la place des ONG.

Voilà donc trois points d’entrée positifs sur lesquels les socialistes peuvent d’autant mieux se faire entendre que le processus dispose aujourd’hui d’un fort soutien dans l’opinion : sur la répartition des efforts environnementaux, sur la construction européenne, sur la démocratie sociétale.

 UPA MEDEF CGPME CFE CGC CFTC CFDT
France Nature Environnement Fondation Hulot




GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT



Les partenaires sociaux (CFDT, CFTC, CFE CGC, CGPME, MEDEF et UPA) et les Organisations Non Gouvernementales environnementales (Fédération France Nature Environnement et Fondation Hulot), parties prenantes du "Grenelle de l'environnement" soulignent la qualité des travaux induits par ce processus et prennent acte des orientations et décisions qui découlent des tables rondes des 24 et 25 octobre 2007 et des annonces du Président de la République.

Dans leurs responsabilité respectives, elles entendent agir pour rendre effectifs les objectifs de réduction de gaz à effet de serre, de meilleure efficacité énergétique, de préservation de l'environnement et de la biodiversité.

Elles soulignent la nécessité de mener à bien les études d'impact afin d'évaluer les conséquences économiques, sociales et environnementales des mesures décidées ou envisagées. Elles affirment le nécessité d'inscrire les démarches impulsées par le Grenelle dans une politique européenne.

La poursuite des échanges entre les 4 collèges (patronat, syndicat, association et collectivité territoriale) doit permettre de renforcer un dialogue recherchant les meilleurs compromis entre les enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Ce dialogue entre partenaires sociaux et environnementaux qui s'est développé pendant le Grenelle doit se consolider pour atteindre les objectifs qu'il s'est assigné.

Pour ce qui les concerne, les partenaires sociaux entendent se saisir par le dialogue social et la négociation collective aux niveaux appropriés des nouveaux enjeux environnementaux, sociaux et économiques. Il s'agit notamment de préserver l'emploi, les conditions e vie et de travail, la compétitivité mais aussi de répondre aux besoins en formation et en emploi qualifié dans des secteurs qui sont appelés à se développer.


 


Par Groupe 87
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